Recension « La véritable histoire des douze Césars » de Virginie Girod

Virginie Girod, La véritable histoire des douze Césars, Perrin, 2019

Virginie Girod relève avec brio un défi qui n’était pas gagné d’avance : marcher sur les traces de l’illustre Suétone pour nous narrer la vie des « douze Césars ». J’ai apprécié le style d’écriture, la rigueur du propos (il s’agit en effet de la « véritable histoire »), ainsi que l’actualisation des informations sur les personnages décrits (Suétone étant bien peu partial), à savoir Jules César puis les onze premiers empereurs de Rome, dont des personnages relativement moins souvent étudiés, en tout cas moins connus du grand public, tels que Galba, Othon et Vitellius, voire Titus et Domitien (les Flaviens mériteraient qu’on leur consacre une belle étude dynastique). L’atmosphère du temps est bien rendue, ainsi que le caractère et la personnalité de chaque empereur. Comme il se doit, ce genre d’ouvrage multiplie les anecdotes, ce qui est plaisant, Virginie Girod en profitant pour tordre le coup à de nombreuses légendes qui ont cours depuis l’Antiquité. L’auteure met également en avant les grandes figures féminines qui entourent ces empereurs, une de ses spécialités, et on lui en sait gré. Passionné d’Histoire Ancienne (ma spécialité de fac), je ne me suis pas ennuyé à la lecture d’un texte a priori destiné au grand public : l’amateur averti passera aussi un agréable moment (mais restera sur sa faim). Pour aller plus loin, je ne saurai trop vous conseiller de lire les excellentes biographies publiées ces dernières années aux éditions Perrin, au-delà même des Julio-Claudiens et des Flaviens. On regrettera peut-être que ces courtes biographies aient été a priori pensées pour pouvoir être lues indépendamment les unes des autres, ce qui induit des répétitions lorsqu’on passe d’une fin de règne au début du chapitre suivant. Je n’ai en revanche pas adhéré aux passages mêlant fiction et réalité, qui introduisent et concluent chaque chapitres : on ne devrait pas mêler les genres dans le même ouvrage, car le cœur du livre reste une étude historique rigoureuse (sinon, il est préférable d’écrire un roman historique de bout en bout). Heureusement, ces passages fictifs sont clairement signalés par un trait noir sur la marge, comme l’explique Virginie Girod, qui invite ceux qui le souhaite à sauter ces textes : c’est ce que j’ai fait. Cela n’a ne rien gâché ma lecture.

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