Recension: Vérités officielles

Par Jean-Baptiste Pattier (Vendémiaire, 2012)

Un travail peu banal et sérieux qui mérite d’être salué. Néanmoins, l’absence d’iconographie est décevante: aucun exemple de page de manuel scolaire… Quels textes? Quelles images? Quelles légendes? L’auteur accorde trop de place à rappeler des événements de la guerre concernant les pays considérés, au lieu de concentrer son propos sur la seule transmission par l’école de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il aurait été bienvenu de mettre en parallèle la diffusion du souvenir de la guerre par d’autres biais (films, commémorations, jouets…) dans les pays considérés, et selon les époques, mais on ne peut en faire le reproche à l’auteur car ce n’est pas là l’exact propos de son livre. Par ailleurs, quels sont les niveaux concernés et combien d’heures sont accordées à la Seconde Guerre mondiale dans les programmes? Est-elle au bac?On y apprend cependant des détails intéressants (ex: quels bombardements sont évoqués dans les manuels, selon la date et selon le pays considéré; la façon dont la Shoah est abordée), mais l’ensemble est bien court: 166 pages en comptant les généralités et les faits précédemment exposés. J’aurais aimé davantage de pages et d’explications sur l’histoire militaire telle qu’elle est enseignée, et pourquoi; des détails sur les biographies des grands personnages: comment sont-ils présentés? La manière dont on présente le conflit en Allemagne, en Italie ou en Angleterre, etc, est intéressante, mais j’aurais préféré une approche par pays, avec plus d’exemples concrets et davantage de réflexion pour expliquer les choix. enfin, l’auteur qui n’est pas un praticien de l’enseignement comme moi, devrait savoir qu’un manuel n’est qu’une interprétation d’un programme, non le programme. De plus, un professeur à toute latitude pour employer les moyens dont il dispose (ce qui va bien au-delà du manuel: Power Point, DVD, internet, etc) pour transmettre un savoir et/ou un savoir-faire. Il faut aussi ternir compte qu’on peut en dire infiniment plus que ne l’exige le programme (qui sont tellement creux…) et qu’il faudra non seulement tenir compte du pays où on enseigne la 2e GM (la Pologne n’a pas eu la même expérience que le Royaume-Uni), mais aussi la période (ainsi lorsqu’on évoque la Résistance en France, ce que montre bien l’auteur), de même que la personnalité de l’auteur (certains ont des options politiques déviantes qu’ils ont bien des difficultés à dissimuler en cours, hélas…). Ceci étant, Jean-Baptiste Pattier nous gratifie d’un ouvrage sans équivalent et qu’il faut lire. On notera des tableaux intéressants en annexes.

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