Rommel doit se suicider le 14 octobre 1944: il n’était pas un conspirateur

Rommel doit se suicider le 14 octobre 1944: il n’était pas un conspirateur

 

Le maître d’oeuvre de l’Atlantikwall pense que l’Allemagne peut repousser l’Invasion (Bundesarchiv)

Les mentions du nom de Rommel se multiplient dans les dossiers et les rapports qui parviennent auprès du Führer au sujet de la conspiration qui a été très près de lui coûter la vie. Des conjurés, le General Karl-Heinrich von Stülpnagel ou encore l’Oberstleutnant Caesar von Hofacker ont mentionné son nom, sous la torture. Il apparaît aussi sur une liste retrouvée chez le docteur Goerdeler, ancien bourgmestre de Leipzig, pressenti pour accéder à la chancellerie. On imagine sans peine la déception de Hitler, à peine remis de l’attentat manqué contre sa personne, lorsqu’il lui faut envisager l’éventualité de la trahison de celui qu’il a couvert de faveurs.

Un maréchal, impliqué malgré lui dans un complot, qui a tout fait pour assurer la victoire face à l’Invasion (Bundesarchiv)

En fait, Rommel n’a que peu en commun avec les conjurés, si ce n’est qu’il est persuadé qu’Hitler mène l’Allemagne à la catastrophe. Nombre de ces conspirateurs sont des aristocrates conservateurs, que Rommel méprise depuis toujours. Par ailleurs, il n’embrasse aucune des considérations qui sous-tend leur hostilité à Hitler, que ce soit sur les plans social, politique ou même théologique. D’objectif, Rommel n’en a qu’un seul : gagner la guerre, à tout le moins donner tout son possible pour que l’Allemagne ne la perde pas.

Si Rommel sait que la cause est perdue en juillet 1944, il aurait au mieux envisagé de négocier avec les Alliés, non de tuer Hitler

Tout porte à penser que si Rommel avait été à son poste le 20 juillet 1944, il n’aurait rien entrepris contre le Führer, pas plus qu’il n’aurait fait d’ouvertures de paix aux Alliés, et ce d’autant plus qu’il n’était aucunement préparé à une telle éventualité puisqu’il était dans l’ignorance de l’attentat. Même s’il avait trempé dans le complot, il n’est en aucune manière le commandant en chef de la Wehrmacht à l’Ouest et il n’avait aucun moyen ni d’imposer un cessez-le-feu à ses troupes ni même d’organiser une rencontre avec Eisenhower ou Montgomery sans l’accord de Kluge et l’assurance, même tacite, que sa démarche bénéficierait du soutien de ses grands subordonnés. Au-delà de son aversion pour toute idée de tyrannicide, Rommel aurait confié à son épouse qu’il craignait que cela ne provoque une guerre civile en Allemagne, éventualité qui aurait été également en cas d’ouvertures de paix avec les Occidentaux. Rommel est un officier loyal, fidèle au serment qu’il a prêté au Führer. Le fait qu’il éprouve, dans sa missive du 16 juillet transmise par Kluge, qu’il faille tirer les conclusions de la dramatique situation du front de Normandie, accrédite qu’il n’était aucunement au fait des intentions de Stauffenberg : à quoi bon une telle remarque si on envisage de le tuer dans les jours qui suivent ? A l’automne 1944, il confie encore à un proche que le chef suprême de l’armée reste Hitler et que lui, sa qualité d’officier, a le devoir de lui obéir.

Cérémonie Nationale pour l’inhumation de Rommel (Bundesarchiv)

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