GUERRE DU PACIFIQUE/PACIFIC WAR (40/44): Mandalay et Meiktila

MANDALAY ET MEIKTILA :

L’ARMEE DES INDES REMPORTE LA VICTOIRE, FEVRIER-MARS1945

 

 

La phase finale de la campagne de Birmanie, qui mène victorieusement Slim jusqu’à Rangoon, voit la montée en puissance de la 14th British Army. Formée principalement à partir d’éléments de l’Armée des Indes, l’armée, réorganisée et réentraînée avec force efficacité par le général Slim, dispose désormais de moyens conséquents. Le 4th Indian Corps du général Messervy, un vétéran de la guerre du désert, est composé des 5th, 7th et 17th Indian Division, de deux brigades d’infanterie (la 28th East African et la Lushai Brigade) ainsi que d’une brigade blindée, la 255th Indian Armoured Brigade, équipée de chars Sherman. Notons que les 5th et 17th Divisions disposent chacune d’une brigade mobile et d’une autre aérotransportée. Le 33th Indian Corps est confiée au général Stopford. Il dispose d’une unité purement métropolitaine, la 2nd British Infantry Division. Ce corps comprend en outre les 19th et 20th Indian Divisions, la 268th Indian Brigade et la 254th Indian Armoured Brigade, moins bien dotée que sa consoeur puisqu’elle ne possède que des chars Stuart et Grant, ce qui n’a en fait guère d’importance en raison de l’absence de chars convenablement blindés et armés au sein des formations japonaises. Celles-ci se regroupent en fait au centre du front birman pour s’opposer à l’avancée de la 14th Army. En effet, le redéploiement des troupes sino-américaines en Chine permet un renforcement du front principal de Birmanie. L’armée nipponne de Birmanie est commandée par le général Kimura. Kimura a sous son commandement plusieurs unités indépendantes : la 49ème division, la 2ème division (en mouvement vers la Thaïlande sur ordre de Tokyo), le 14ème régiment blindé, limité à 20 engins, et le 4ème régiment d’artillerie. Toutes les autres unités sont distribuées au sein de trois armées. La 15ème armée de Katamura, qui tient le front de Mandalay, s’articule autour de quatre divisions (15ème, 31ème, 33ème et 53ème ). La 28ème armée de Sakurai, qui opère en Arakan, en possède deux (les 54ème et 55ème) ainsi qu’une brigade. Enfin, le général Honda dispose quant à lui également de deux divisions (18ème et 56ème) et d’une brigade indépendante au sein de sa 33ème armée. Il ne faut cependant pas se faire illusion en regard de cet ordre de bataille. Les pertes de l’armée japonaise de Birmanie en 1944 ont en effet été très élevées, de sorte que nombre d’unités voient leur capacité opérationnelle très diminuée. Ainsi, la plupart des divisions n’approchent que les 10 000 hommes en terme d’effectifs, en lieu et place des 25 000 de la dotation normale théorique. De plus, la capacité antichar de ces unités est des plus réduite faute d’armes adéquates, sans parler de l’inefficacité évidente des blindés japonais. Dans ces conditions, les soldats japonais doivent s’en remettre à leur artillerie pour combattre les chars alliés, au détriment de son emploi habituel. Les expédients que constituent les attaques suicides ou les explosifs fixés au bout d’une perche s’avèrent bien entendu absolument inefficaces contre des blindés soutenus par de l’infanterie. Enfin, les Alliés disposent d’une absolue maîtrise de l’espace aérien puisque les escadrilles nipponnes ne sont en mesure d’engager que quelques dizaines d’appareils. Les effectifs de l’armée de Slim vont monter jusqu’à 600 000 hommes, dont beaucoup en cantonnements permanents en Inde. En fait, il n’y aura jamais plus de 100 000 hommes engagés en même temps sur la ligne de front.

  

La bataille pour Meiktila et Mandalay débute réellement le 20 février 1945. Ce jour-là, la 17th Indian Division du général Cowan, avec l’appui des Sherman de la 255th Armoured Brigade, perce le front sur la tête de pont de Nyaungu. Le 24, Cowan est déjà à Taungtha, soit à mi-parcours de Meiktila. Il se trouve que, ce même jour, le commandement japonais en Birmanie organise dans cette même ville une réunion portant sur les possibilités de contre-attaque au nord de l’Irrawaddy. Nul doute que l’attaque de Cowan ne les prenne par surprise ! L’avancée alliée est confirmée par un observateur positionné sur le mont Popa, qui signale une colonne de 2 000 véhicules qui se dirige vers Meiktila. Perplexes, les officiers supérieurs japonais admettre la véracité des informations reçues et décident d’envoyer un chasseur Zéro en reconnaissance pour en avoir le cœur net. L’attaque britannique ne fait alors plus l’ombre d’un doute au QG de l’armée japonaise de Birmanie. Le 26 février, désormais conscients du danger et de l’importance de l’attaque ennemie, les troupes japonaises commencent à organiser la défense de Meiktila. Celle-ci s’articule autour du 168ème régiment de la 49ème division. Quelques troupes de al logistique et de défense antiaérienne complètent le dispositif. En tout, il n’y a pas plus de 4 000 défenseurs, ce qui est bien peu. Alors que les Japonais s’apprêtent à creuser des retranchements, la 17th Indian Division s’empare de la piste d’atterrissage de Thabutkon, à 30 kilomètres à l’ouest de Meiktila. Cette prise sera du plus haut intérêt pour les Britanniques. La 99th Brigade y est en effet immédiatement aérotransportés, de même qu’un ravitaillement en carburant, qui est le bien venu pour les Sherman qui participent à l’avance sur Meiktila. Le 1er mars, la ville est attaquée de tous les côtés par les Britanniques. Slim et Messervy craignent qu’une résistance acharnée se prolonge pendant des semaines. En fait, la ville tombe en moins de quatre jours.

Les forces japonaises qui pensent venir renforcer la garnison de Meiktila ont la déconvenue de constater qu’il va leur falloir désormais reprendre la localité. 12 000 hommes et 70 pièces d’artillerie des 18ème et 49ème divisions ainsi que plusieurs unités indépendantes sont ainsi confrontées à cette redoutable tâche. Cowan garde un avantage certain puisqu’il dispose de 15 000 hommes, 100 chars et 70 canons. Il sait en outre qu’il peut compter sur l’aide de l’aviation et que des renforts vont lui parvenir. Un dernier élément joue enfin en se faveur : les unités japonaises n’ont aucun contact entre elles et ne dispose d’aucun renseignement fiable concernant les positions alliées. Les premiers combats ont lieu quand la 17th Indian Division tente en vain de dégager une route en direction de Nyaungu. Les premières attaques de la 18ème division japonaise de Naka sont lancées au nord et à l’ouest de la ville et sont repoussées avec de lourdes pertes pour les assaillants. A partir du 12 mars, Naka décide alors de s’attaquer aux terrains d’aviation situés à l’est de la ville. Les combats sont acharnés car Cowan a besoin de ces pistes d’atterrissage pour assurer son ravitaillement. Le 18 mars, les Britanniques doivent se résoudre à abandonner les atterrissages d’hommes et de matériel au profit d’un parachutage du ravitaillement. Diverses attaques, non coordonnées, sont lancées par les Japonais, mais les positions alliées ne cèdent.

 

Pendant ce temps, plus au nord, la situation ne joue pas non plus en faveur des Japonais. A partir de la mi-février, la 19th Indian Division du général Rees repousse les restes affaiblis de la 15ème division japonaise vers le sud et étend ainsi sa tête de pont en direction de Mandalay. C’est ainsi que, le 7 mars, ses avant-gardes peuvent apercevoir la colline de Mandalay, couverte de pagodes et de temples bouddhiques. Le général Yamamoto, qui commande la 15ème division, reçoit l’ordre de tenir Mandalay coûte que coûte et d’y résister jusqu’au dernier homme. Cette ville est en effet un centre logistique de première importance pour le front japonais de Birmanie. Bien plus, Kimura ne peut accepter l’humiliation de perdre la ville, même si cela doit lui occasionner des pertes douloureuses et irrécupérables. Rees ne perd pas de temps et, dans la nuit du 8 mars, un bataillon de Gurkhas, commandé par un officier qui connaît bien la ville, puisqu’il a servi à Mandalay avant la guerre, s’empare de la colline. Il faudra toutefois plusieurs jours aux Gurkhas pour nettoyer le secteur et éliminer les défenseurs nippons terrés dans des bunkers et des tunnels établis sous les pagodes. Les troupes de Rees vont en revanche se trouver confrontés à une défense beaucoup plus inexpugnable en pénétrant plus en avant dans la cité. En effet, une ancienne citadelle entourée d’un fossé, le fort Dufferin, est défendue avec acharnement par les Japonais. Une attaque tentée à travers le tunnel d’une voie ferrée échoue. Le 21 mars cependant, les défenseurs évacuent le fort en empruntant les égouts.

La 20th Indian Division enfonce à son tour le front au-delà de sa tête de pont et s’approche dangereusement de Meiktila avant de faire volte-face vers le nord et menacer d’encerclement les restes des forces japonaises encore déployées dans le secteur, durement pressées en outre par la 2nd British Division qui se rapproche de Mandalay par l’ouest. La 15ème armée japonaise est en pleine déroute. De surcroît, Honda informe Tanaka, le chef d’état-major de Kimura, de l’état de ses pertes et des effectifs encore disponibles. Tanaka prend alors sur lui la responsabilité d’ordonner un repli et le siège de Meiktila est levé. La retraite est cependant particulièrement difficile pour les Japonais car ceux-ci ont perdu l’essentiel de leur matériel lourd et la chaîne logistique est brisée par la perte de dépôts très importants. La victoire est donc acquise pour Slim. La prise de Rangoon n’est plus qu’une question de temps. Les combats pour Mandalay et Meiktila ont tout de même coûté 2 307 tués et 15 888 blessés et disparus à la 14th British Army. Les pertes japonaises se montent à 6 513 tués et 6 299 blessés et disparus.

GUERRE DU PACIFIQUE/PACIFIC WAR (39/44): Slim reprend Rangoon

Slim reprend Rangoon

(Source carte: wikipédia) 

Après la victoire défensive remportée à Imphal et à Kohima, Slim décide de poursuivre l’avantage et de pénétrer en Birmanie centrale. Toutefois, la mousson et la nécessité de franchir les obstacles de taille que représentent la Chindwin et l’Irrawady promettent de nombreuses difficultés, sans mentionner la combativité des Japonais. Fin 1944, lorsque la mousson s’achève, Slim dispose de deux têtes de pont sur la Chindwin. A la lumière des précédentes batailles de la campagne, il suppose que les Japonais vont chercher l’affrontement dans la plaine de Shwebo, c’est-à-dire le plus loin possible entre la Chindwin et l’Irrawady. Une telle éventualité n’est pas pour lui déplaire car sa notable supériorité en blindés et sa maîtrise de l’air lui assurerait la destruction complète de l’ennemi. Le 29 novembre, la 19th Indian Division du 4th Indian Corps attaque à partir de la tête de pont de Sittaung, suivie le 4 décembre par la 20th Indian Division du 33rd Indian Corps, qui frappe depuis Kalewa. Les deux divisions, progressent rapidement. Au bout de cinq jours, l’important centre ferroviaire d’Indaw est en vue. Toutefois, il apparaît que les suppositions d’une défense japonaise très au nord de l’Irrawady s’avèrent incorrectes.

Slim opère immédiatement des modifications dans son plan. Si le 33rd Indian Corps, auquel est adjoint la 19th Indian Division, poursuit son avance vers Mandalay, le 4th Indian Corps, renforcé, descend la vallée de Gangaw en suivant la rive occidentale de la Chindwin. Ce faisant, les arrières gardes nipponnes sont anéanties, parfois au cours de combats très disputés. La 19th Indian Division et la 2nd British Division s’emparent de Shwebo et la 20th Indian Division prend Monywa. La 19th Indian Division parvient à traverser l’Irrawady dès le 14 janvier, à environ 60 kilomètres au nord de Mandalay. Toutefois, le passage du fleuve plus au sud va nécessiter plus de préparation, même si les moyens font défaut. Le matériel est en effet disponible qu’en faible quantité sur ce théâtre d’opération et son état laisse parfois à désirer. Slim devra pourtant faire avec les canots d’assauts et les ferries dont il dispose.

 

Du côté du 4th Indian Corps, la 7th Indian Division est confrontée à une sérieuse résistance de la part des Japonais à Pauk. Les conditions de campagne dans al vallée de Gangaw ne sont pas très aisées à vrai dire. Les voies de communications font défaut et, à un moment donné, la colonne de véhicules du corps s’étire sur presque 700 kilomètres jusqu’à Kohima !

Le 13 février, la 20th Indian Division traverse l’Irrawady à 32 kilomètres à l’ouest de Mandalay. Les Britanniques parviennent à établir des têtes de pont mais elles sont sans cesse contre-attaquées par les Japonais pendant deux semaines. Dans le secteur du 4th Corps, la traversée est effectuée par la 7th Indian Division. Celle-ci attaque sur un large front. L’assaut principal est lancé sur Nyaungu tandis qu’une manœuvre secondaire est menée à Pagan. La surprise est totale pour la 15ème armée japonaise. Lorsque le commandant en chef japonais en Birmanie, le général Kimura, réagit enfin, il est bien tard. Le 4th Corps fonce en effet sur Meiktila, nœud de communication et dépôt essentiel pour les Japonais.

Meiktila, défendue par à peine 3 000 hommes, est occupée par les Britanniques le 4 mars. Certes, les administratifs nippons, commandés par Kasuya, tiennent encore. La situation est critique pour Kimura, qui doit s’opposer à l’avance des deux corps de Slim sur un terrain non préparée à l’avance et alors que son ravitaillement fait largement défaut. Toutefois, il réagit avec fermeté et confie deux divisions au général Honda, le chef de la 33ème armée japonaise, pour reprendre Meiktila. La manœuvre japonaise isole la 17th Indian Division de Cowan dans Meiktila. Mais celui-ci bénéficie d’un ravitaillement conséquent par voie aérienne, de telle sorte qu’il peut défaire une à une les colonnes qui convergent vers ses troupes isolées, qui peuvent en outre disposer de leur blindés et du soutien de l’aviation tactique. A Thabukton, Slim peut même aéroporter deux brigades en renfort sur un terrain d’aviation contrôlé par les alliés. Si les chars japonais parviennent à détruire sept C-47 sur la piste et forcer Slim à suspendre l’opération pendant dix jours, Honda finit pourtant par renoncer le 29 mars et il entreprend immédiatement un mouvement de retraite. C’est que la situation s’est gravement détériorée pour les Japonais à Mandalay. En dépit d’une résistance acharnée, notamment celle du fort Dufferin, qui ne tombe que sous les coups de bombes de 5 t, les Japonais doivent se résoudre à évacuer la ville le 21 mars. Les forces japonaises des 15ème et 33ème armées sont alors considérablement réduites. Seule la 28ème armée, basée en Arakan, est encore pleinement opérationnelle.

Slim peut donc engager ses troupes pour le stade ultime de la campagne : la reprise de Rangoon. Toutefois, le soutien logistique aérien se voit considérablement diminuer en raison de la situation critique en Chine où la reprise de l’offensive par les Japonais menace grandement les bases aériennes américaines. Slim opère donc avec des effectifs réduits, soit 5 divisions d’infanterie et 2 brigades blindées. Le 4th Indian Corps se lance à l’attaque sur l’itinéraire le plus court, via Pegu, à travers une jungle notablement moins épaisse et face à un adversaire considérablement affaibli par les derniers combats. De son côté, le 33rd Indian Corps longe l’Irrawady vers Promé. L’avance débute le 10 avril et se trouve confrontée à une résistance très vive. Toutefois, celle-ci s’émousse rapidement et le rythme journalier ne cesse de s’accélérer, l’ennemi étant constamment pris de court. La méthode employée par les divisions de Slim au cours de cette progression est pour le moins originale et prometteuse. Slim décide en effet de relayer chaque division d’infanterie tous les 30 à 50 kilomètres. Au sein de chacune d’elle, une brigade et des blindés avancent jusqu’à un terrain d’atterrissage où ils sont relayée par une brigade aérotransportée qui s’assure du secteur ; une deuxième division prend alors le relais selon le même schéma d’opération et ainsi de suite. Le 1er mai, Pégu est prise. La mousson s’abat alors avec force sur le 4th Indian Corps, qui ne dispose plus de piste d’atterrissage alors qu’il ne lui reste plus que 80 kilomètres à parcourir avant d’atteindre son but !

Les 1er et 2 mai, des parachutistes britanniques et la 26th Indian Division prennent les Japonais à revers dans le cadre de l’opération « Dracula ». Le débarquement bénéficie d’un soutien naval et aérien conséquent et Rangoon tombe dès le 3 mai. Trois jours plus tard, la jonction est établie avec le 4th Indian Corps à Hlegu. Hinda et Kimura ne s’avouent pas vaincus pour autant et tentent de faire traverser les lignes britanniques aux survivants de leurs unités totalement dispersées. Alertés par leurs services de renseignements, les Britanniques repoussent les tentatives japonaises. Des dizaines de milliers de soldats japonais errent dans les collines et la jungle birmanes. L’ampleur de la défaite japonaise en Birmanie est donc considérable. La 14th British Army, l’ « armée oubliée », est incontestablement de très haute qualité. Quant à son commandant en chef, le général Slim, il s’agit tout simplement de l’un des plus talentueux généraux de la guerre, qui plus est un général humain, humble, et soucieux de ses hommes. Les pertes britanniques en Birmanie depuis 1942 totalisent 71 000 hommes, dont 34 000 tués. Dans le camp japonais, 46 700 morts sont relevés sur le terrain pour 106 000 hommes perdus au cours des principaux affrontements. Au Japon, on estime que seuls 120 000 hommes sur les 300 000 engagés dans cette campagne seraient rentrés chez eux après la guerre.

 

LES SOLDATS NOIRS AMERICAINS DANS LE PACIFIQUE

L’armée britannique qui combat en Birmanie comporte essentiellement des unités coloniales, particulièrement issues de l’Armée des Indes. La discrimination y est incontestablement en partie présente, un fossé séparant les Européens et les autres, à tout le moins en ce qui concerne l’accès aux postes de commandement supérieurs. Une forme de discrimination ouvertement raciste concerne le sort réservé aux Noirs américains qui servent au sein de l’armée des Etats-Unis. L’opinion de l’armée et de la marine américaine d’alors est que les Noirs font de mauvais combattants et ne peuvent en tout cas combattre convenablement que commandés par des Blancs. Il n’y a d’ailleurs aucun Noir dans le corps de Marines et les rares Noirs américains servant dans la marine sont cantonnés au rôle de stewards. Après l’entrée en guerre des Etats-Unis, la discrimination demeure et les différentes armes s’efforcent de limiter au maximum le nombre de recrues noires. L’immense majorité d’entre eux sera affectée à des unités de services, de construction, de déchargement de navires, de repassage… Si les unités de la logistiques sont parfois touchées par les combats, les unités combattantes noires engagées au feu sont très peu nombreuses. Enfin, le heurt avec les populations blanches du théâtre d’opération peut paraître inévitable. Mais les GI’s de couleur ont moins de difficultés avec elles qu’avec leurs compatriotes blancs. L’Australie ne veut pas de soldats de couleurs sur son territoire et ce n’est qu’après d’âpres discussions que les contingents noirs sont acceptés. Toutefois, la discrimination de l’armée américaine à l’endroit des Noirs et les rixes qui s’ensuivent choquent la population et l’armée australienne qui sympathisent vite avec ces nouveaux venus, dont on met pourtant en garde la fréquentation, en particulier les jeunes filles.