VQ Guerre du Désert (3) : chaleur et nuit

La chaleur intense des journées dans le désert

 Combattre sous un soleil de plomb: une épreuve supplémentaire pour tous les soldats des armées du désert…

Aux Tropiques, le soleil se lève très vite et la journée reste sensiblement de la même durée tout au long de l’année. L’aube est un instant de première importance pour tous les combattants. C’est en effet le moment où, tandis que les innombrables étoiles s’évanouissent, les formes se précisent et, à proximité de l’ennemi, il est impératif de cesser tout mouvement. La température est vite chaude dès les premières heures du matin. En été, l’air devient suffocant à la mi-journée et il est pénible de rester en place sans se mouvoir sous le soleil de plomb qui accable les hommes. Une torpeur s’abat sur la troupe. En absence de combat, on permet aux soldats de se reposer. Les heures chaudes sont également celles des mirages. Les lacs imaginaires que les Arabes nomment l’eau du Diable dessinent alors leurs contours imaginaires. Les objets éloignés donnent l’impression de flotter et de se mouvoir en l’air. Ces heures sont particulièrement défavorables pour la reconnaissance et l’observation des positions de l’ennemi. En été, le thermomètre peut facilement atteindre les 50°C dans le désert mais, toutefois, à proximité de la côte, il dépasse rarement les 38°C à l’ombre, ce qui reste cependant bien élevé pour combattre, sans compter que l’ombre est quasi-inexistante ! Ceux qui en ont la possibilité profite de l’ombre d’un véhicule, voir d’un parasol ou d’une toile de tente. La température en certaines saisons ou heures de la journée est telle que combattre à l’intérieur d’un blindé est très éprouvant en raison de la chaleur intense qui y règne. Qui plus est, l’air ambiant à l’intérieur d’un tank est rendu encore plus étouffant par le surcroît de chaleur apporté par le moteur et le canon quand la pièce ouvre le feu. L’effet du soleil sur le métal est tel qu’on ne peut le toucher sans risque de se brûler. De fameuses images photographiques ou filmées montrent ainsi des combattants allemands cuisant des œufs sur le blindage de leurs véhicules. S’acclimater à ces conditions de vie demande du temps, c’est pourquoi les unités qui arrivent sur le théâtre d’opération africain ne sont pas immédiatement disponibles pour le front, une donnée essentielle que Churchill aura toujours le plus grand mal à accepter.

 

Les nuits dans le désert

 Porter une tenue en drap comme en Europe: une nécessité la nuit dans le désert, à défaut d’une couverture ou d’un manteau. Dormir sous la tente est un luxe plus rare…

C’est un paradoxe du désert que de faire l’expérience de ses nuits fraîches après avoir dû supporter une chaleur extrême dans la journée. Lorsque le soleil se glisse derrière l’horizon en effet, la terre surchauffée ne contient aucune forme d’humidité susceptible de retenir la chaleur et se refroidit ainsi rapidement. La nuit, les soldats n’ont d’autre alternative que de se contenter du sol en guise de lit, un lit quelque peu inconfortable, particulièrement en terrain rocailleux. Les hommes des unités aériennes sont bien sûr logés à meilleure enseigne à cet égard, quand ils peuvent bénéficier du confort relatif de bases éloignées de la ligne de front, quoique la constante menace des raids des SAS et du LRDG doit troubler le sommeil de bien des aviateurs des forces de l’Axe ! Des petites bâches ou des tentes peuvent être mises en place pour donner un peu de confort. Parfois, on dort sous les véhicules ou le long de ceux-ci, sous une bâche retenue par des piquets d’un côté et fixée à l’engin de l’autre. Des officiers ont pu bénéficier de lits de camp ou loger dans des caravanes comme Montgomery. Coucher par terre en plein air n’est pas du goût de ce dernier, mais Auchinleck et d’autres généraux ont accepté de partager ainsi le sort de leurs hommes. Le silence des immensités désertiques et la beauté envoûtante de la voûte céleste apportent un peu de quiétude aux combattants après le spectacle du crépuscule dans le désert. Les combats sont plus rares la nuit, sauf aux périodes de pleine lune et lorsque des coups de main sont lancés contre les lignes ennemies pour recueillir des renseignements ou maintenir la pression sur l’adversaire. Avec la nuit vient aussi le répit accordé par la nature aux soldats accablés par la chaleur. Il reste qu’il peut faire très froid dans le désert, particulièrement en saison hivernale : les vêtements en drap ne sont alors pas superflus. Les nombreuses photographies montrant des Britanniques vêtus du Battle-Dress ou des soldats de l’Afrika Korps en manteaux témoignent de l’utilité de ces articles de l’habillement. La pluie est rare mais peu s’abattre avec force et violence : malheur alors à celui qui se laisse surprendre par les eaux d’un lit de rivière asséché, un wadi, tandis que les trombes d’eau le transforment pour un temps en un torrent impétueux ! Cet apport soudain d’eau en quantité est toutefois l’occasion d’envisager une lessive bienvenue.

 

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