VQ Guerre du Désert (4)

Lectures dans le désert et autres loisirs

 La guerre du désert est faite de beaucoup de périodes calmes, sans opérations majeures: il faut alors tromper l’ennui.

L’Afrika Korps dispose d’un journal dès le début de la campagne de Libye, un bureau permanent équipé de machines à écrire étant mis en place à Tripoli puis à Benghazi. Ce journal est baptisé « Die Oase », « L’oasis ». C’est un hebdomadaire qui traite du front africain, mais qui donne également des nouvelles des autres fronts ainsi que du monde entier, tout en omettant bien sûr aucunement d’informer les soldats sur la situation en Allemagne. Les journaux sont distribués à la troupe par la poste militaire. Un bihebdomadaire circule également en Afrique au sein de l’armée de Rommel : le « Adler von Hellas », « L’Aigle de Grèce ». Ce journal est destiné aux unités de la Luftwaffe en service sur le théâtre d’opération méditerranéen. Ce magazine de 20 pages traite bien entendu du front africain mais offre également des pages de loisirs avec des mots croisés, des jeux et des histoires drôles. Imprimé à Vienne, ce journal est distribué aux unités via Athènes. Par ailleurs, les soldats allemands en Afrique lisent occasionnellement les journaux que leur envoient leurs familles dans leur courrier.

Les livres étaient toujours rares dans le désert. On a relevé les préférences de la troupe dans une unité britannique: 30% lisaient des thrillers et des aventures du Far-West, 30% des essais, biographies et des romans, 15% des livres de guerre, 10% des histoires courtes, 10% de l’humour, 5% de la poésie ou des pièces de théâtre. On essaie de s’occuper le mieux possible. Certains soldats allemands recréent un jeu d’échec en utilisant des munitions de plusieurs calibres pour simuler les différentes pièces. A proximité de la mer, on se détend bien sûr par la nage. Certains orchestres militaires allemand réussissent parfois à rejoindre les troupes combattantes et leur offrent un concert tandis que certains officiers entreprenants réussissent à fournir des instruments de musique à leurs hommes : c’est ainsi qu’un cadre de la 21.Panzer obtient huit accordéons pour ses hommes au moment d’El Alamein.

 

Les émissions radio

Lale Andersen: la première à chanter « Lili Marlene »

Voir: http://www.tomahawkfilms.com/blog/index-p=2586.html

La troupe dispose des postes de radio militaires pour la réception des émissions de radio d’Europe. Celles qui émanent de la station radio allemande de Belgrade sont particulièrement faciles à recevoir. Cette station va vite établir un lien particulier avec l’Afrika Korps puisqu’elle diffuse régulièrement la chanson qui devient le symbole de cette unité et presque son hymne : « Lili Marlene ». Les Britanniques sont tout aussi adeptes que leurs ennemis de cette chanson chantée par Lale Andersen d’après le texte de Norbert Schultze. En moins d’un an, cette chanson d’amour devient un des « tubes » de la Seconde Guerre Mondiale. De 1941 à 1944, une douzaine de stations radios allemandes la jouent une trentaine de fois par jour. Marlene Dietrich et d’autres la chantent pour les soldats alliés. A l’origine, les autorités britanniques n’apprécient pas que leurs soldats écoutent une chanson allemande, qui plus est concernant une femme qui semble être de petite vertu. Ils écoutent également une station de Palestine et, bien sûr, la BBC.

 

En permission

 Les pyramides: visite incontournable pour les permissionnaires au Caire

Pour les Allemands à El Alamein, Tripoli et même Benghazi sont trop éloignés de la ligne de front…

Le maintien à l’état opérationnel d’une unité nécessite de lui accorder des temps de repos et de relaxation. Pour les Alliés, cela peut prendre l’aspect d’une permission bienvenue au Caire ou à Alexandrie. Le Caire, en ces temps où les voyages sont réservés à une élite restreinte, offre une variété de sensations aux soldats qui y sont en permission. Il y a les images, en premier lieu celle du Nil, ce fleuve qui coule dans le désert sur les rives duquel s’est épanouie la civilisation égyptienne. Un des premiers luxes que s’offrent les permissionnaires est un bon bain et des vêtements propres. Après quoi il est souhaitable d’aller chez le barbier pour un rasage en bonne et due forme ainsi que pour une coupe de cheveux. Loger à l’hôtel est aussi un grand changement. On s’assure sa place en payant à l’avance et si le confort laisse parfois à désirer, particulièrement en raison du bruit ou de la trop grande chaleur, cela reste tout de même un privilège appréciable. Pour les hommes qui viennent du front, la vue de ce grand cours d’eau est agréable aux sens, tout comme la verdure des champs et des palmeraies du Delta. C’est aussi l’odeur des souks, à commencer par celui de Khan el Khalili, et des denrées que l’ont y vend ou qui sont cuites par les Cairotes. C’est aussi la foule des Egyptiens dans les rues, les cafés et les tramways. Les officiers permissionnaires profitent également du jardin arboré de Gezira où ils peuvent assister à des courses de chevaux ou faire du sport. Boire est aussi la règle lors d’un séjour au Caire et les bars, comme le célèbre Groppi, sont les lieux de réunions habituels après un dîner dans les meilleurs restaurants. Des bagarres peuvent y éclater, particulièrement en raison de la rivalité existant entre l’armée et la RAF mais aussi entre les Britanniques et les soldats du Commonwealth. C’est l’occasion aussi pour beaucoup de découvrir les pyramides de Giza ou la citadelle de Saladin. Enfin, Le Caire et Alexandrie sont l’occasion de côtoyer de femmes, auxiliaires féminine de l’armées ou femmes européennes et arabes croisées dans les rues, ou bien encore prostituées qui vendent leurs charmes aux combattants en permission, avec de fâcheuse répercussions en matière de maladies vénériennes au sein de la troupe en dépit des efforts de l’armée pour informer les soldats.

 

 

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